Différents critères permettent de distinguer les aidants, notamment leur lien avec le proche, l’intensité de l’aide ou la forme d’engagement. Voici les typologies les plus représentatives.
1. Les aidants familiaux
C’est le groupe le plus visible et le plus étudié. Près de 80% des aidants en France sont de la famille directe : parents, conjoints, enfants adultes, parfois petits-enfants (Drees, Enquête CARE 2021).
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Les conjoints aidants : Souvent en première ligne lorsque la dépendance touche un partenaire (maladie neurodégénérative, accident, vieillissement). Leur rôle, parfois invisible, peut durer plusieurs années.
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Les parents aidants : Majoritairement des mères (74% selon l’Unafam) dans le cas du handicap de l’enfant. Ce rôle peut s’exercer toute la vie, avec une implication intense, souvent dès l’annonce du diagnostic.
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Les enfants adultes : Ils deviennent soutiens principaux pour un parent en perte d’autonomie. Une étude du Ministère de la Santé (2021) révèle qu’un tiers des aidants sont âgés de 50 à 64 ans, souvent pris dans la « génération pivot » (aidant de ses propres enfants et d’un parent).
Ces aidants familiaux cumulent fréquemment leur rôle avec une activité professionnelle : 47 % d’entre eux doivent concilier travail et aide, exposant à un risque d’épuisement ou d’isolement.
2. Les aidants de proximité
Parfois, l’aidant n’est pas un membre de la famille mais une personne de l’entourage : voisin, ami, membre d’une association du quartier. Ce type d’aidant est moins visible, mais essentiel. Selon l’Enquête Autonomie (Insee, 2020), près d’1,3 million d’aidants sont des proches hors famille.
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Souvent impliqués dans la gestion des courses, des démarches administratives ou de la surveillance du domicile.
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Leur engagement peut être plus intermittent, mais il joue un rôle declic indispensable, notamment pour préserver le lien social.
3. Les aidants dits « jeunes »
Un sujet longtemps invisible : en France, près de 500 000 mineurs sont des aidants sans même se reconnaître ainsi (étude INJEP-Api, 2021). On parle d’ados ou jeunes adultes qui s’occupent d’un parent malade, d’un frère ou d’une sœur en situation de handicap. Ils gèrent des actes du quotidien, l’administration, parfois même des soins.
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Risque accru de décrochage scolaire ou d’isolement social.
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Souvent peu ou mal accompagnés par les institutions.
La loi pour une École de la confiance (2019) reconnaît désormais leur existence, mais rares sont les dispositifs de répit spécifiquement pensés pour eux.
4. Les « aidants invisibles »
Certains aidants ne s’identifient pas sous ce vocable. Ils se voient “juste comme une maman” ou “un frère”. La sous-estimation de leur rôle engendre une absence de soutien adapté.
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Personnes aux parcours migratoires ou en situation de précarité : double difficulté d’accès à l’information et aux droits.
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Aidants vivant à distance, gérant la coordination des aides sans être présents physiquement.
L’un des enjeux actuels est de rendre ces situations visibles pour mieux accompagner tous les profils.